...ils auraient bien du mal
 
1ère remarque : le lefresne se fait rare, d'autant que l'état-civil français, masculiniste à fond, a longtemps dégentilisé les filles sitôt qu'elles épousaient. La lefresne pouvait bien garder son nom, la descendance était perdue.

2ème remarque : la 1ère remarque est idiote, car si les lefresnes femelles sont dégentilisées, les lefresnes mâles dégentilisent à leur tour les filles qu'ils épousent. 1 partout, balle au centre.

3ème remarque : Les lois nouvelles qui permettent de choisir le nom du père ou de la mère redonnent une forte chance aux lefresnes : sans vouloir être désagréable avec les autres gentilices, s'appeler Lefresne a tout de même plus d'allure que porter: (n'importe quel autre nom).

4ème  remarque : franchement, quelle importance ?

Il n'empêche qu'un Lefresne rare vous a quelque chose de précieux. Quand vous allez sur un annuaire internet ou bêtement téléphonique et que vous peinez à trouver un bout de Lefresne par ci, par là, sans même faire la fine bouche sur les orthographes les plus navrantes (Lefrêne, Le Frêne, ...) dans lesquelles l'accent circonflexe roturier dissimule mal l'absence central du " s " aristocratique, vous vous dites que si tous les lefresnes du monde voulaient se donner la main, ils auraient bien du mal, tant ils sont dispersés.

Les lefresnes hexagonaux n'ont guère essaimé hors du charnier natal de l'ouest. Comme tout le monde, ils sont allés jeter un oeil dans la région capitale, quelques uns ont préféré le soleil du sud-est, mais la plupart ont poussé dans le terroir originel de la Bretagne et de la Normandie ou aux confins. Côté exotisme, calme presque plat dans l'outre-mer français avec une méritoire Lefrène à la Réunion. Heureusement le Québec a sa rasade de Lefresne. Vive le Québec libreux !

Bon, les pieds dans la glèbe de la mère patrie, allons enfants, c'est bien aussi, et la boue ne salit que ceux qui n'ont pas de bottes, mais un John Lefresne, un Lao Tsé Lefresne, une Solveig Lefresne, une Amalia Lefresne, un Mohamed Lefresne, une Golda Lefresne, un Bakary Lefresne, et on passe l'Allemand, le Russe, l'Espagnol ou le Serbo-Croate,  donneraient au patronyme un métissage noble, riche d'avenir. A la place, nous avons du Joseph, du Michel, du Bernard, de la Madeleine, de l'Yvonne, de la Françoise, en pagaille. Même pas du breton bretonnant. Heureusement, parmi les Lefresne échappés du berceau occidental, on a, ô joie, une Nolwenn et un Mehdi : de la Bretagne à l'Orient, le Lefresne est parti à la conquête du monde.

Des prénoms, pour commencer.

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